J’ai profité de mon dernier voyage pour passer au No Bra. Pourquoi pas toi ?

J’ai profité de mon dernier voyage pour passer au No Bra. Pourquoi pas toi ?

Ce n’est pas comme nous avons vraiment eu l’occasion de beaucoup voyager cette année. Merci 2020 ! Mais en début d’année, juste avant le confinement, j’ai pu partir en Nouvelle-Zélande. En plus d’être un endroit magnifique, le mois passé là-bas a changé bien des choses. Je m’explique. J’ai tout simplement arrêté de porter des soutiens gorges. Adieu les soutien gorge, je suis passée au no-bra.  

Pour replacer les choses dans leur contexte, sache que je fais un petit 85 B voir 90 B si je prends un peu de poids. Rien de bien folichon, tu en conviendras. Je ne prétendrais donc pas connaitre ou comprendre la situation des nanas à forte poitrine. D’autres sur internet en parleront bien mieux que moi.  

Qu’est-ce qui m’a fait abandonner mes soutien gorge ?  

Le confort ! Je pourrais te dire que j’ai eu une illumination militante et que j’ai tout envoyer valser pour emmerder la société et le patriarcat, ça ne serait pas vrai. Cette prise de conscience est arrivée un peu plus tard. Je te tease là, continue à lire cet article. Donc le confort disais-je. Lorsque n’importe quelle fille rentre chez elle, la première chose qu’elle fait est de retirer son soutif et de pousser un profond soupir de soulagement. Et bien je ne faisais très certainement pas exception. Si bien que Monsieur a fini par me demander pourquoi je portais des soutien-gorge alors que je les détestais tant. Bonne question.  

Et les baleines qui traversent le tissu et te transpercent la peau, on en parle ? Bref, je n’étais pas bien et j’ai fini par progressivement me dire que Monsieur avait raison, comme bien souvent, et qu’il fallait peut-être que j’essaye de ne pas en porter. De temps en temps. J’ai donc arrêté le week-end à la maison. Puis en sortant faire les courses. Au début, le frottement du tissu de mes vêtements directement sur le téton me gênait. Ça n’a pas duré plus d’une semaine avant que je n’y prête plus attention. Lorsque je sortais avec des amis par contre, j’en portais toujours.  

Monsieur ne comprenait pas pourquoi je me torturais et bien qu’il n’insistait pas, il continuait à me demander pourquoi je portais des soutifs. Et pour te dire la vérité, je n’avais pas d’autre réponse que : les filles en portent, c’est comme ça, c’est plus joli. “Pour qui ?”. La question qui fâche, je me suis retrouvée bête plus d’une fois. 

Mise en scène du meurtre de mon soutien gorge
Le meurtre de mon soutien gorge

Ce que mon voyage a changé 

En faisant mon sac à dos, j’ai ouvert mon tiroir à sous-vêtements et suis rentrée dans une vraie bataille de regards avec mes soutien-gorge. Et je l’ai refermé. Sans les prendre. Ils allaient rester là, bien cachés, bien loin de moi pendant tout le mois où je partirais. J’ai toutefois pris des brassières au cas où. En réalité, j’étais assez terrifiée de partir comme ça mais quitte à partir à l’autre bout du monde, c’était l’occasion d’essayer de m’en passer.  

Devine quoi, mes soutien-gorge ne m’ont vraiment pas manqué. Dans l’avion, je me sentais bien.  Pour un voyage de près de 24 heures, il valait mieux. Mais surtout, personne ne semblait y prêter ne serait-ce qu’un semblant d’attention. Quand tu y réfléchis, c’est logique, les gens ont mieux à faire que de se préoccuper de ma pauvre petite poitrine.  

Pendant tout le mois qu’a duré mon voyage en Nouvelle-Zélande, j’ai fini par me relaxer. Certains regardaient de temps en temps ma poitrine mais jamais de façon insistante. En réalité, j’avais plus l’impression qu’ils regardaient par surprise. J’ai également vu d’autres nanas ne pas en porter. Je regardais moi aussi. Je les trouvais belles, fières, bien plus courageuses que moi qui étais terrifiée à l’idée que quelqu’un le remarque et me juge. Ce regard sur elles, mon regard, n’avait rien de négatif ou d’inquisiteur. Non, il était positif alors pourquoi celui des autres sur moi serait différent ? Et puis si les autres me jugeaient, est-ce que ça m’affectait ? Pas vraiment, non. Autant laisser mes seins à l’air, les gars l’avaient bien mérité après tant d’années enfermés pour rien.  

Commence alors le militantisme 

En rentrant aux Pays-Bas, j’ai machinalement remis un soutien-gorge pour sortir à je ne sais quelle occasion et je ne l’ai juste pas supporté ! Puis tous les pays quasiment se sont confinés et je n’avais vraiment plus aucune raison d’en porter tandis que je restais chez moi.  
 
Mais alors, je me suis posée énormément de questions. Pourquoi est-ce que j’avais eu si peur de ne pas porter de soutif au juste ? Parce que mes seins étaient moins jolis ? Ce sont mes seins après tous, ils ont la forme qu’ils ont, je ne peux rien y faire. Parce que les nanas doivent en porter ? Qui a décidé ça au juste ? Et c’est là que le bât blesse. Oui, j’en viens à ton cas société patriarcale. Et bien parce que les hommes ont décidé que c’était plus joli donc que ça devait définir une norme de la féminité. Mais aussi parce que le sein, bien qu’à l’origine là pour servir de mamelle rappelons-le, est tellement sexualisé qu’il faut en cacher la forme au maximum.  

Un avis sur l'aspect de mon corps ? Tais-toi !
Un avis sur l’aspect de mon corps ? Tais-toi !

Tu penses que j’exagères ? Alors pourquoi est-ce que mes copines me disent qu’elles adoreraient faire pareil mais ne peuvent pas. Pourquoi ? Un silence tellement pesant qu’il en devient assourdissant suis toujours cette question. A cause de notre éducation pardi ! Et une éducation, des normes sociales, ça ne se défait pas du jour au lendemain. Regarde ces 20% de français qui pensent que si un homme agresse une femme dont il devinait le téton, il a des circonstances atténuantes. Toute une éducation du viol à défaire ! 

Pourtant, le port du soutien-gorge est même plutôt mauvais dans les faits. Les tissus conjonctifs, ceux qui soutiennent les seins, ne sont plus sollicité par le soutif. Ils se relâchent donc. La poitrine ne sera plus tonifiée. La nature est bien faite, le sein est fait pour se maintenir tout seul.  

J’ai fait pas mal de recherches sur le sujet et il s’avère également que c’est mauvais pour le système lymphatique. Cette chaine ganglionnaire sternale autour de la poitrine est comprimée tous les jours par le port du soutien-gorge ce qui impacte le drainage lymphatique sensé éliminer les toxines et entraine une moins bonne circulation. 

Pourquoi donc te faire souffrir, voire te mettre en danger, pour d’autres qui ont décidé pour toi d’à quoi ton corps de femme devait ressembler ?  

Et maintenant ?  

Maintenant, je parle ouvertement de mon choix de totalement arrêter de porter des soutien-gorge. J’en suis à 8 mois et mes anciens tortionnaires prennent la poussière. Je pense d’ailleurs à les vendre. Toutefois, le sport fait exception car je porte toujours des brassières. Surtout pour les sports à impact. C’est une histoire de confort, encore et toujours.  

Même au travail, les jours où je travaille depuis le bureau, je n’en porte plus. Je n’ai eu aucune réflexion, éventuellement des questions mais rien de plus.  

Un dernier point que je voudrais te partager est que j’ai retrouvé une image non biaisée de mes seins. Ça parait fou dit comme ça. En effet, lorsque tu es habituée à voir ta poitrine bien ferme ronde et remontée, la réalité semble fade. Moche oserais-je même dire. J’ai mis un peu de temps à retrouver ma poitrine belle mais elle l’est. Et ne tombe pas d’un millimètre.  

En bref, encore un exorcisme bien mené !

Dis-moi en commentaire si le no bra est quelque chose que tu voudrais tester ou bien si tu pratiques déjà. Et si tu veux en parler ou bien me poser des questions, n’hésite pas !