Le prix du fun

Le prix du fun

Le pourquoi du comment

Après un trajet de près de trente heures en avion, je m’étais dit qu’il faudrait réduire un peu mon impact écologique et donc faire attention. Pour te remettre dans le contexte copain, j’ai fait le choix, il y a quelques semaines, de partir avec Monsieur en Nouvelle-Zélande afin d’y faire un tour de l’île du sud. Nous avions environ un mois de vacances et, pour ma part, une grande envie d’ailleurs. Vraiment, ça me démangeait. J’ai donc convaincu Monsieur en l’attirant à coup de photos de montagnes grandioses et de décors du Seigneur des Anneaux. Autant dire que mon plan a plutôt bien fonctionné. Le souci est qu’il faut bien 30 heures pour y aller. 30 heures passées dans un avion qui pollue plus que tu ne le ferais en restant deux ans tranquillement à la maison. Si tant est que tu sois comme moi et ne touche pas au volant d’une voiture à moins d’y être contraint par la force. Ou presque. Et si tu te demandes, j’ai bel et bien calculé et ça fait mal !

Donc une fois sur place, autant ne pas en rajouter. Voilà pourquoi avec Monsieur, nous avons fait le choix de faire le tour de l’île en bus plutôt qu’en voiture de location comme beaucoup font. Le bus a certes un impact mais puisqu’il qu’il s’agit d’un moyen de transport en commun, cet impact est moindre. Nous nous sommes également dit que ce serait sympa pour éventuellement papoter un peu et surtout, en savoir davantage sur le pays et les régions que nous allions traverser. Tu seras toutefois d’accord avec moi, je pense, que les transports ne sont pas les seuls ennemis de la planète lorsque nous partons en voyage. Les activités le sont tout autant. Ce qui est un comble lorsque l’on entend la plupart des voyageurs qui partent pour découvrir de magnifiques paysages et se rapprocher de la nature.

Petite prise de conscience

Voilà une transition toute trouvée pour le sujet que je voulais aborder aujourd’hui avec toi. Les activités. Lorsque Monsieur et moi étions à Franz Josef, ce constat nous a frappé de plein fouet. Nous faisions une randonnée extrêmement agréable qui allait nous mener au pied du glacier Franz Josef. Vraiment, nous ne voulions pas rater ça et peu importe que nous ayons dû grimper, plonger nos chaussures dans l’eau ou passer des ponts de cordes et de bois suspendus au-dessus du vide. Cette randonnée m’a très certainement laissé le souvenir le plus vif. Mais là n’est (presque) pas le sujet. Lors de cette randonnée, nous entendions constamment les hélicoptères aller et venir toutes les cinq à dix minutes avec des touristes que voulaient absolument passer vingt minutes sur le glacier. Avant qu’il ne fonde vois-tu. C’est assez triste quand on y pense. Puisque le glacier est menacé par le réchauffement climatique et la pollution, alors autant se dépêcher et prendre un hélicoptère pour le voir rapidement et prendre une photo qui ira ensuite sur les réseaux sociaux. Je sais que tu peux me trouver condescendante, je ne te cache pas que j’en parle avec beaucoup d’amertume.

Le voilà donc mon sujet. Lorsque l’on voyage, pourquoi en rajouter et payer des fortunes pour faire des activités plus polluantes et éphémères les unes que les autres. L’une des personnes assises devant moi dans le bus parlait qu’il avait réservé pour plus de mille dollars d’activités en une journée. J’ai cru défaillir. Il y a pourtant plein de possibilités qui ne nécessitent pas ou peu l’intervention de l’homme. Sur un mois de voyage par exemple, Monsieur et moi sommes la plupart du temps partis en randonnées. Je me suis réellement sentie près de la nature et très active. Ça m’a fait un bien fou ! Les deux seuls jours où nous n’avons pas utilisé nos pieds, nous sommes partis faire une journée de kayak et une journée de canyoning. Les deux nécessitent un peu de matériel et, pour le canyoning, des aménagements sur le trajet. Il faut en être conscients et ne pas se voiler la face. Toute activité de l’homme aura un impact. Le tout est de faire de son mieux pour l’amoindrir. Et si les 1,4 milliards de touristes (sur l’année 2018, d’après l’OMT) faisaient ce geste, nous ferions un grand pas en avant.

Mais alors, comment s’amuser et faire attention en même temps me demanderas-tu ! Cette question me semble parfaitement légitime et je ne peux te répondre qu’avec mon humble avis, qui se trompe très certainement.

Préfère les activités non mécaniques

Comme je te l’évoquais plus tôt, le kayak peut être un bon exemple. Si tu veux laisser la nature telle quelle, sans impact, les activités ne nécessitant aucun moteur sont un excellent moyen de t’amuser, découvrir des sensations nouvelles, tout en étant au plus proche de la nature. Nous avons pu nous rapprocher de bébé phoques avec Monsieur à Abel Tasman. Pas trop pour ne pas les effrayer mais c’était tellement mignon !

N’ait pas peur de transpirer

Que tu aimes faire du sport en temps normal ou non, je t’assure que les activités sportives osnt un excellent moyen de t’amuser et de découvrir un nouveau lieu en même temps. Une pierre deux coups ! Avec la randonnée par exemple, tu auras un sentiment de découverte et te retrouvera face à des paysages sublimes selon les endroits. N’hésite pas à faire quelques recherches pour connaitre les sentiers balisés et les niveaux si ça peut te rassurer. J’ai par exemple prévu plusieurs randonnées en Nouvelle Zélande en allant sur le site 100% Pure Zealand.

Ramasse TOUS tes déchets

Tu dirais que ça va de soi, n’est-ce pas ? Et pourtant je peux t’assurer qu’un coup de vent est vite arrivé et beaucoup ne se lèveront pas pour aller chercher leur paquet de chips ou leur mouchoir. S’il te plait, lève-toi.

Compense en rentrant

De quoi veut-elle parler te demandes-tu. Je comprends. Sache qu’il existe des sites te permettant de calculer ton empreinte carbone sur l’année ou bien pour un voyage en particulier et de donner l’équivalent en euros à des associations agissant pour l’environnement. Monsieur et moi allons (dès que le salaire tombera) donner via le site GoodPlanet (que soutient Yann Arthus-Bertrand) mais il existe également le site GreenTipper.

Et bien sûr, parles-en autour de toi dès que tu rentres. Personne ne pense à mal. Il suffit d’expliquer gentiment. Aller, j’arrête de radoter.